06.05.08/serie francophone Russie/incl. deux traductions d'articles russes
Demain Dimitri Medvedev, le troisième président de la Russie postsoviétique, prendra officiellement ses fonctions. Ou bien, comme disent d'autres, il sera intronisé par le "tzar Vladimir" qui tirera ses ficelles à partir du bureau à coté. Medvedev, est-il "un homme libéral", est-il un "poutiniste"? Attendons nous à la reprise des spéculations des médias occidentaux, qui aimeraient bien le voir comme un jeune président ouvert et libéral, qui devra seulement se défaire de l'influence des Poutiniens. Un président, comme il nous le faut, un président qui relâchera à nouveau la défense des intérêts vitaux de son pays.
En Russie, cependant, il y a des analystes qui le voient autrement aussi.
Le soir de sa victoire électorale, Medvedev prononçait: "Nous demandons à personne d'aimer la Russie. Mais nous empêcherons chacun qui voudra lui faire du mal." À observer, au plus tard depuis le discours munichois de Poutine en février 2007 [» discours], la politique désastreuse, insensible et irraisonnable de l'Occident vis-à-vis de la Russie (face à son regain de pouvoir économique), je peux comprendre ce Dimitri Medvedev. Et même Poutine, alors que, si j'étais un russe, je serais probablement un adversaire politique résolu des deux.
Les arguments politiques et éthiques de l'Ouest, à savoir le mauvais état de la démocratie en Russie et les questions de liberté et des droits de l'homme, sont des arguments matraques, comme nous le montrent le » "Plaidoyer pour un nouveau partenariat Russie-Europe" du Professeur Paul Sanders et » les essays de mon ami petersbourgeois Andrey Komov.
Qui est Medvedev? Le jour après les élections présidentielles Vladimir Milov, président de l'Institut pour la politique énergétique, commente dans gazeta.ru: "Ceux qui pensent, que Medvedev serait une marionnette de Poutine, se trompent. Il prouvera rapidement, qu'il est un leader indépendant." L'auteur dément ensuite "les deux mythes, qui l'entourent, à savoir son libéralisme et sa soi-disante orientation pro-occidentale. Medvedev est un représentant typique de la nouvelle bureaucratie russe, qui apprécie les avantages de la civilisation occidentale sans en reconnaître les valeurs: ils portent des vêtements de marque, ils parlent plusieurs langues étrangères, ils écoutent du rock. Mais au fond, ils sont de vrais conservateurs et ils sont partisans d'une administration centralisée. Ces représentants des nouvelles élites russes ne font confiance ni à la liberté ni à l'Ouest."
Voila un adversaire de Medevedev qui parle. Mais si des adeptes du nouveau président disent la même chose, ne devrait-il pas y avoir de la vérité dans cette estimation?
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